mercredi 3 octobre 2012

Chronique de la RAT : La « pré » Acadie

par Sylvain Bérubé

Sylvain Bérubé, cofondateur de la Réforme acadienne traditionnelle (RAT) et bachelier en science politique à l’Université de Moncton, termine présentement sa maîtrise en science politique à l’Université d’Ottawa à Ottawa. Se sentant tel un Acadien naufragé en terre inconnue, bien loin maintenant de sa terre natale, il nous fait part chaque semaine de ses réflexions en louant les bonnes vieilles valeurs de l'Acadie pré-1755.

À la Réforme acadienne traditionnelle (RAT), on parle souvent de la période de 1604 à 1755 ou, en années RAT-ienne, de l’an 1 à l’an 151. Mais d’où viennent les premiers Acadiens? Et surtout, que pouvons-nous apprendre de cette période arriérée? Dans les lignes qui suivent, nous allons faire le récit de la préhistoire acadienne, c’est-à-dire l’époque où le temps et l’espace n’avaient que peu de sens pour l’humanité. Nous vous tracerons donc le trajet des Grecques aux Gaulois, ce qui nous mènera à l’île Sainte-Croix!

Tout d’abord, qui étaient les Acadiens avant 1604? Si vous avez répondu « des Français », c’est que vous avez une perception bien trop restreinte du développement historique européen. Les Acadiens sont un peuple descendant des Celtes européens. D'ailleurs, les Acadiens ont un héritage celtique très proche de celui des Gaulois, et encore aujourd’hui, ce patrimoine commun est perceptible dans le comportement acadien. Les origines celtiques des Acadiens expliquent, entre autres choses, la proximité avec la nature du peuple acadien (qui d’autre passe autant de temps dans les bois à faire des shows de boucane?), facilement compréhensible lorsque nous voyons le druidisme celtique. Les Celtes étaient aussi reconnus pour leur appréciation de la généalogie. Ainsi, l’obsession acadienne pour les arbres de famille ne vient pas d’un surplus de temps, comme c’est le cas pour le scrapbooking, mais bien de notre patrimoine culturel. Finalement, pensons à Astérix et Obélix; s’ils ont défendu leur petit village pendant toutes ces années, c’est qu’ils étaient résistants. Si les Acadiens existent encore aujourd'hui, c’est que nous sommes un peuple qui a métaphoriquement baigné dans la potion magique de la résilience. Ainsi, nous persistons et nous persisterons toujours!

Une chose doit aussi être dite de la complexe relation des Acadiens avec l’Antiquité. Les livres d’histoires ont tendance à oublier le fait que les Acadiens ont choisi le français, c’est eux qui ont apporté de Rome le latin sur le territoire qu’on appelle maintenant la France. Ayant réussi cette implantation, ils ont tranquillement développé la langue française. Mais après l’institutionnalisation de la langue, ils ont rapidement perdu le contrôle de celle-ci : c’est pour cette raison que, suite à la fondation de l’Académie française, les Acadiens ont cessé de suivre le développement de la langue, ayant déjà atteint la perfection linguistique dans le français acadien. Mais la relation avec l’Antiquité est bien plus profonde que la langue latine. Plusieurs histoires racontent que les ancêtres acadiens étaient en fait des métèques de la Grèce Antique. Ces « pré » acadiens métèques auraient été, entre autres, à la base de l’introduction de la notion de démocratie directe et participative. On dit même qu’un des plus prolifique et connu de ces métèques était Socrate. La logique de ces « pré » acadiens était simple : « réfléchissons maintenant, nous sauverons à nos descendants la réflexion des mystères de la vie ». Nous ne pouvons faire autrement que de les remercier.

Il est grand le mystère de l’Acadie! La préhistoire acadienne est une épopée des temps révolus qui, par une série de relations plurielles, lie l’Acadie au développement du monde entier. Malgré que nous ayons seulement vu une infime partie de cette longue histoire, il devient clair que le projet de l’isolement acadien n’est pas un projet pour se cacher du monde, puisque le caractère acadien est universel. L’isolement acadien est donc un isolement des forces oppressives exercées par les grandes puissances motivées par leur appétition.

2 commentaires:

Jean-Guy Duguay a dit...

Intéressant! Moi je m e demande comment ça s'fait que l'Acadie a perdu son "R". Car en 1524 Verazzanno avait nommé le territoire Arcadie, n'est-ce pas? Et en 1524, le best-seller était Arcadia de Jacopo Sannazaro.

Communications Féécum a dit...

Cette erreur de frappe dans la copie des cartes aura survenu avant le voyage de Champlain en 1604, car ses cartes à lui omettent le "R".